Dans le tourmente des âmes brisées
Fabio Armiliato un exceptionnel "Infant"
Plus de trente ans après, Don Carlo
revient donc, réellemente, sur notre scène. Œuvre d'une exceptionnelle
puissance, elle requiert des interprètes de très haut niveau alliant une
vocalité accomplie à un sens profond et précis du drame.
Dans ce casting réputé introuvable, le coup de génie de Nicolas Joel a été
de choisir le ténor italien Fabio Armiliato pour le rôle-titre. Aujourd'hui
proche de rôles comme Aïda, Tosca, Manon lescaut et autres Andréa Cheniér,
cet artiste, chez lequel on entaend le souvenir du grand Corelli, nous a
fait une véritable démonstration de ce que doit être une incarnation au sens
littéral du terme. Sous la férule,à n'en pas douter, de Nicolas Joel, voici
que nous apparaît, dés lever de rideau, un Carlo torturé, fragile, éperdu,
vacillant, qui affirmera finalement au cours du drame une volonté, une
exaltation et un courage exemplaires. Au dernier acte, c'est en homme qu'il
se dirigera vers le spectre de Charles Quint. Entre-temps, il aura été l'un
de ses rarissimes tragediéns lyrique que le monde de l'opera connaît, un
tragédien qui nous aura fait intensément vibrer d'emotion. Bravissimo !
Daniela Dessì, grande dame du chant transalpin, impose une Elisabeth d'une
splendide rigueur stylistique, faisant pr?uve ici d'un cantabile exemplaire.
Robert Pénavayre VOIX du MIDI
13/10/2005
Plateau de luxe pour «Don Carlo»
Acclamée
dès la première, la nouvelle production du « Don Carlo » de Verdi mérite
bien ce succès populaire. Au Capitole, l'ouvrage bénéficie d'un plateau
vocal de haut vol, l'un des meilleurs que l'on puisse réunir aujourd'hui.
Le ténor Fabio Armiliato porte d'entrée la charge tragique de l'infant
Don Carlo (y compris physiquement) et termine l'opéra dans un état de
fraîcheur vocale qui fait plaisir à entendre.
Les aigus sont faciles,
la ligne reste soutenue.
A ses côtés, Daniela Dessi, exprime admirablement les renoncements de la
jeune reine Elisabeth. Grâce à de subtiles inflexions, à une musicalité
jamais en défaut, sa voix est l'émotion même.
Anne-Marie Chouchan LA DEPECHE 11/10/2005
Un sacre puor Don Carlo
Un orchestre magnifique et une distribution d'exception font
triompher au Capitol le chef-d'œuvre de Verdi
Don Carlo est aussi bien sûr un opéra de voix. Là encore la
perfection est atteinte dans la multiplicité. Même s'il paraît tout trambler
devant le dedtin qui l'atten, Fabio Armiliato, dan un bel engagement
scénique et vocal, donne à son carlo sa jeunesse, son feu, son âme et ses
aigus. Avec Daniela Dessì, on a l'impression d'être à l'ecole du chant
verdien. Tout est perfait dans son Elisabetta à la froideur contrainte, la
diction, l'intonation, la justesse, la respiration.
Laurent de Caunes -
L'OPINION Independante 14/10/2005
Voilà
une belle soirée pour les amateurs d'opéra ! Le Don Carlo de Verdi
donné en ouverture de la nouvelle saison du Capitole possède tous les
ingrédients requis : un véritable drame musical (d'après Schiller), une mise
en scène claire et rationnelle, des chanteurs qui ont des voix et de la
présence. De plus, cette nouvelle production parvient trois heures durant à
maintenir une tension qui ne cesse de gagner en puissance dramatique et en
intensité d'émotion, jusqu'au dénouement brutal. Voilà aussi une belle
soirée pour les amateurs de théâtre.
L'infant Fabio Armiliato est un Don
Carlo jeune et fougueux, à la hauteur de son destin tragique, avec une
vaillance jamais démentie dans le haut du registre ou la tenue du souffle,
tandis que Daniela Dessi charge la reine Elisabeth du cornélien combat du
coeur (elle aime Don Carlo, le fils) et de la raison (elle a épousé Philippe
II, le père).
Marie-Aude
Roux - LE MONDE - 11 Ottobre 2005
Nouvelle
production de Don Carlo de Verdi dans la mise en scène de Nicolas Joel et
sous la direction de Maurizio Benini au Théâtre du Capitole, Toulouse.
La vérité sur Don Carlo
Brillante ouverture de saison au
Capitole de Toulouse où Nicolas Joel redonne sa vraie dimension romantique
et flamboyante au Don Carlo de Verdi, sans jamais avoir recours à la
facilité d’une relecture expérimentale sous prétexte de faire du neuf. Une
magnifique production qui livre enfin la vérité sur Don Carlo.
Le personnage joué par un Fabio Armiliato efflanqué, le
visage tourmenté et la chevelure en folie, est à cet égard d’une
exactitude parfaite et d’une vie confondante. Rarement Don Carlo aura
été aussi crédible comme moteur dramatique principal de cette action
complexe. Puissante, très timbrée, la voix n’est pas d’une très belle
qualité. Mais un tel trublion est-il censé s’exprimer avec une voix
d’ange ? En tout cas, la force dramatique de l’incarnation, emporte l’adhésion.
À ce stade de sa carrière, Daniela Dessi mène sa jolie
voix en grande professionnelle, avec une maîtrise absolue qui lui permet
de n’utiliser que ce qu’il faut de puissance aux moments indispensables,
jouant ailleurs sur le phrasé et les nuances avec un art consommé.
Le 07/10/2005
Gérard MANNONI
ALTAMUSICA.COM
Don Carlo
Sous le joug
de l’Eglise, les sacrifices d’amour et d’amitié
Fabio Armiliato campe un Don Carlo monté sur ressort, tout fou-fou, en
excès permanent avec une voix claire et puissante qui joue à
saute-montons avec les emotions.
Caroline Alexander
Le Journal des spectacles 18 Ottobre 2005